Où ouvrir un PEA en 2026 : Boursorama, Fortuneo, BforBank, Trade Republic — comparatif frais
Le Plan d’Épargne en Actions reste en 2026 l’enveloppe fiscale la plus avantageuse pour investir en Bourse sur le long terme depuis la France. Zéro impôt sur les plus-values et dividendes après cinq ans de détention, plafond de versement de 150 000 euros : le PEA est incontournable pour tout investisseur particulier qui souhaite construire un patrimoine financier. Encore faut-il choisir le bon courtier, car les frais de courtage, de garde et la qualité de l’interface varient considérablement d’un établissement à l’autre — et sur vingt ou trente ans, ces écarts font une différence de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Ce comparatif 2026 passe en revue les meilleurs courtiers PEA disponibles pour un investisseur français : Fortuneo, Boursorama, BforBank, Trade Republic, et quelques pièges classiques à éviter.
Rappel : qu’est-ce que le PEA et comment fonctionne l’ouverture ?
Un PEA est une enveloppe fiscale permettant d’investir en actions européennes (et via des ETF, sur le monde entier) tout en bénéficiant d’une exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans. Chaque personne majeure domiciliée fiscalement en France ne peut détenir qu’un seul PEA — c’est une règle absolue. Un couple peut donc ouvrir deux PEA (un par personne), soit jusqu’à 300 000 euros de versements cumulés.
L’ouverture d’un PEA en ligne prend désormais moins de dix minutes chez la plupart des courtiers en ligne. Il suffit d’une pièce d’identité, d’un RIB et d’une attestation de domicile. Le compte est généralement opérationnel sous 24 à 72 heures. Aucune obligation de versement minimum chez les courtiers modernes : vous pouvez ouvrir votre PEA aujourd’hui avec 1 euro et l’alimenter progressivement.
Point important : le PEA ne peut contenir que des titres d’entreprises dont le siège social est dans l’Espace Économique Européen, ainsi que des parts d’OPCVM ou d’ETF éligibles au PEA. Les ETF monde (MSCI World, S&P 500 synthétiques) sont éligibles car ils utilisent une réplication synthétique via un swap — c’est l’un des grands avantages du PEA pour un investisseur passif.
Les critères essentiels pour choisir son courtier PEA
Avant de comparer les acteurs, il convient de savoir quels critères font réellement la différence sur le long terme.
Les frais de courtage
C’est le critère numéro un pour l’investisseur qui passe des ordres régulièrement. Un plan d’investissement mensuel sur un ETF représente 12 ordres par an. Si vous payez 0,50 % par ordre sur un versement moyen de 300 euros, vous débourserez 18 euros par an en courtage — soit 180 euros sur dix ans, avant même de compter l’inflation. Chez un courtier à 0 euro l’ordre, la différence est nette.
Les frais de garde (ou droits de conservation)
Certaines banques traditionnelles facturent des frais de garde annuels sur les titres détenus — typiquement entre 0,1 % et 0,4 % de la valeur du portefeuille. Sur un PEA de 50 000 euros, cela représente entre 50 et 200 euros par an. Les courtiers en ligne sérieux les ont supprimés depuis longtemps.
L’interface et la qualité de l’exécution
Une interface claire, des ordres exécutés rapidement et une application mobile fonctionnelle sont des critères qualitatifs mais essentiels, surtout pour l’investisseur débutant qui doit pouvoir passer un ordre d’achat d’ETF sans stress.
Le catalogue d’ETF et de fonds disponibles
Tous les courtiers ne proposent pas le même univers d’investissement. Certains donnent accès à plusieurs centaines d’ETF éligibles PEA, d’autres se contentent d’un catalogue restreint. L’accès aux fonds monétaires est aussi un point à vérifier pour garer la liquidité sans la laisser dormir à 0 %.
Comparatif des meilleurs courtiers PEA 2026
Voici un tableau synthétique des principaux acteurs recommandés pour ouvrir un PEA en 2026 :
| Courtier | Frais de courtage (ETF/actions) | Frais de garde | Fonds monétaires PEA | Interface | Points forts |
|---|---|---|---|---|---|
| Trade Republic | 1 € par ordre (flat) | 0 € | Intérêts sur liquidités (≈ 3 %) | App mobile simple | Investissement automatique, frais ultra-bas, idéal ETF passif |
| Fortuneo | 0,20 % min. 0,99 € (ETF & actions) | 0 € | Oui (Amundi Cash EUR, MoneyMarket) | Web + app correcte | Catalogue ETF large, fiabilité, fonds monétaires accessibles |
| Boursorama (Bourso Pro) | 0,10 % min. 0,99 € (offre Pro) | 0 € | Oui (Amundi, Lyxor) | Meilleure app du marché | Frais parmi les plus bas hors forfait, offre complète |
| BforBank | 0,20 % min. 0,99 € | 0 € | Oui | Web correct | Fiable, groupe Crédit Agricole, bon pour débutants |
| Degiro | — | — | — | — | Attention : Degiro ne propose PAS de PEA. CTO uniquement. |
Frais indicatifs au 1er juin 2026. Se référer aux grilles tarifaires officielles de chaque courtier avant toute décision.
Trade Republic : le disrupteur à 1 euro l’ordre
Trade Republic a révolutionné le marché français avec son modèle à 1 euro forfaitaire par ordre, quel que soit le montant investi. Pour un versement mensuel de 300 euros sur un ETF MSCI World, vous payez 1 euro — soit 0,33 %. Pour un versement de 1 000 euros, vous ne payez toujours qu’un euro — soit 0,1 %. Trade Republic permet également de configurer des plans d’investissement automatiques, idéaux pour l’investisseur passif qui veut investir sans y penser.
La plateforme propose aussi une rémunération des liquidités non investies à un taux proche de celui des fonds monétaires, ce qui est un avantage réel pour ne pas laisser le cash PEA dormir. En revanche, le catalogue d’ETF, bien que suffisant pour les stratégies courantes, est moins étendu que chez Fortuneo. L’interface exclusivement mobile peut rebuter certains investisseurs qui préfèrent gérer leur portefeuille sur ordinateur.
Fortuneo : le meilleur équilibre catalogue / frais / fiabilité
Fortuneo (groupe Arkéa) est depuis des années la référence des investisseurs passifs français. Ses frais de courtage à 0,20 % avec un minimum de 0,99 euro restent très compétitifs, et la gamme d’ETF disponibles sur PEA est l’une des plus larges du marché : des centaines de trackers éligibles couvrant toutes les zones géographiques, secteurs et stratégies.
L’accès aux fonds monétaires (notamment l’Amundi Cash EUR, code CASH) est un atout majeur pour les investisseurs qui veulent stationner leur liquidité PEA en attendant une opportunité — plutôt que de la laisser à 0 % sur le compte espèces. Fortuneo est également reconnu pour la fiabilité de sa plateforme lors des périodes de forte volatilité, là où certains concurrents subissent des ralentissements.
Boursorama Bourso Pro : le plus bas hors Trade Republic
Boursorama propose deux grilles tarifaires. L’offre standard est correcte mais sans éclat. L’offre Bourso Pro, accessible sous conditions, descend à 0,10 % par ordre avec un minimum de 0,99 euro. C’est la grille la plus compétitive du marché pour l’investisseur actif qui passe des ordres sur des montants élevés.
Boursorama dispose par ailleurs de l’application mobile la mieux notée du secteur, d’un catalogue d’ETF étoffé et d’un accès aux fonds monétaires de grande qualité. C’est un choix solide pour l’investisseur confirmé qui souhaite gérer l’ensemble de ses finances au même endroit (compte courant, PEA, assurance-vie).
BforBank : le choix rassurant pour les débutants
BforBank, filiale du groupe Crédit Agricole, propose des frais de 0,20 % avec un minimum de 0,99 euro, identiques à ceux de Fortuneo. L’interface web est fonctionnelle, le service client réactif, et la solidité institutionnelle du groupe peut rassurer un investisseur novice. BforBank est un choix honnête, sans être le leader sur aucun critère particulier. À préférer si vous appréciez déjà l’univers Crédit Agricole.
Le cas Degiro : attention, pas de PEA
Degiro est fréquemment mentionné dans les comparatifs d’investissement en ligne, et à juste titre pour les comptes-titres ordinaires. Mais il est crucial de le rappeler clairement : Degiro ne propose pas de PEA. La plateforme néerlandaise ne permet d’ouvrir qu’un Compte-Titres Ordinaire (CTO). Investir via un CTO signifie que vos plus-values et dividendes sont soumis à la flat tax de 30 % dès le premier euro — contre 17,2 % seulement après cinq ans sur un PEA. L’avantage fiscal du PEA est considérable sur le long terme ; confondre les deux enveloppes est une erreur coûteuse.
Quel courtier choisir selon votre profil ?
Investisseur passif ETF (le profil le plus répandu)
Vous investissez chaque mois une somme fixe sur un ou deux ETF — par exemple un ETF MSCI World éligible PEA et un ETF Marchés Émergents. Vous n’avez pas vocation à passer des ordres quotidiens. Dans ce cas :
- Trade Republic est le premier choix si vous êtes à l’aise avec une application mobile et des versements automatiques. Le coût par ordre est imbattable.
- Fortuneo est le meilleur choix si vous voulez également accéder aux fonds monétaires pour garer votre épargne liquide, ou si vous préférez une interface web plus complète.
Vous trouverez dans notre guide les meilleurs ETF éligibles PEA en 2026 pour composer une allocation adaptée à votre horizon d’investissement.
Investisseur actif ou trader
Vous passez plusieurs ordres par semaine, sur des montants significatifs. La grille tarifaire en pourcentage avec un minimum fixe favorise les ordres de grande taille. Dans ce contexte, Boursorama Bourso Pro à 0,10 % est le plus avantageux. Pour les ordres fréquents sur petits montants, Trade Republic reste à 1 euro fixe.
Investisseur thématique ou actions françaises
Vous souhaitez constituer une poche d’actions en direct, notamment dans des secteurs porteurs comme la défense ou l’industrie. Fortuneo et Boursorama offrent le meilleur catalogue d’actions françaises et européennes accessibles via PEA. Consultez également notre analyse des meilleures valeurs françaises défense à intégrer dans un PEA en 2026 pour compléter une allocation ETF avec une poche satellites.
Les fonds monétaires pour stationner la liquidité PEA
Une problématique souvent négligée par les épargnants : que faire des espèces sur son PEA en attente d’investissement ? Laisser 5 000 euros dormir à 0 % sur le compte espèces PEA alors que les taux monétaires évoluent entre 3 et 4 % est une erreur de gestion.
Les courtiers Fortuneo et Boursorama donnent accès à des fonds monétaires éligibles PEA, au premier rang desquels l’Amundi Cash EUR (code CASH) ou équivalents. Ces fonds investissent en instruments du marché monétaire à très court terme (bons du Trésor, certificats de dépôt) et affichent une valeur liquidative quasi-stable, avec une rémunération indexée sur le taux €STR. En période de taux élevés, ils permettent de valoriser la liquidité sans sortir du PEA — et donc sans casser l’ancienneté fiscale de l’enveloppe.
Trade Republic propose quant à lui une rémunération directe des espèces sur le compte, sans nécessiter de basculer vers un fonds spécifique — plus simple, mais avec potentiellement moins de transparence sur le sous-jacent.
Les pièges à éviter : le PEA bancaire traditionnel
Si vous avez la tentation d’ouvrir votre PEA directement à votre banque principale — BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, La Banque Postale — prenez le temps de comparer les grilles tarifaires. Vous risquez de découvrir :
- Des frais de courtage entre 0,40 % et 0,60 % par ordre, parfois davantage pour les petits montants.
- Des frais de garde annuels entre 0,1 % et 0,4 % de la valeur du portefeuille (parfois camouflés sous le terme « droits de conservation »).
- Un catalogue d’ETF restreint, orienté vers les fonds maison aux frais de gestion plus élevés.
- Des interfaces web souvent datées et des applications mobiles moins ergonomiques.
Sur un portefeuille PEA de 50 000 euros avec 12 ordres annuels de 400 euros, la différence de frais entre une banque traditionnelle (0,5 % courtage + 0,3 % garde) et un courtier en ligne à 0,2 % sans garde représente environ 290 euros par an. Sur vingt ans, en tenant compte de l’effet de capitalisation, l’écart peut dépasser 8 000 euros de patrimoine net. Le choix du courtier n’est pas une décision anodine.
Fiscalité PEA : ce qu’il faut savoir avant d’ouvrir
Le régime fiscal du PEA est l’une de ses principales forces, mais il est conditionné par la durée de détention de l’enveloppe — et non pas par la durée de détention de chaque titre à l’intérieur.
Avant 5 ans : retrait = clôture du PEA
Tout retrait de liquidités du PEA avant l’anniversaire des cinq ans entraîne en principe la clôture automatique du plan. Les plus-values réalisées sont alors soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou flat tax) de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). Exception limitée pour certains cas de retraits entre la 5e et 8e année sous l’ancien régime, mais depuis 2019 la loi PACTE a simplifié le dispositif.
Après 5 ans : uniquement les prélèvements sociaux
Passé le cap des cinq ans, les retraits partiels sont autorisés sans clôture du PEA. Les plus-values et dividendes perçus dans le PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux à 17,2 % restent dus au moment du retrait. C’est ce régime qui fait du PEA un outil de capitalisation long terme particulièrement puissant pour la retraite ou un projet à horizon 10-15 ans.
Le PEA-PME : une enveloppe complémentaire
Il existe également le PEA-PME, distinct du PEA classique, avec un plafond de 225 000 euros et réservé aux titres de petites et moyennes entreprises. Il suit la même fiscalité que le PEA mais avec un univers d’investissement différent et moins liquide. Les deux enveloppes sont cumulables.
Questions fréquentes
Peut-on transférer un PEA d’une banque vers un courtier en ligne ?
Oui. Le transfert de PEA est un droit légal depuis la loi PACTE de 2019. Vous conservez l’ancienneté fiscale de votre enveloppe, même en changeant de courtier. Les délais sont généralement de trois à six semaines. Des frais de transfert peuvent s’appliquer chez le courtier d’origine, souvent plafonnés à 50-150 euros selon les établissements. À mettre en balance avec les économies futures sur les frais récurrents.
Peut-on détenir des actions américaines dans un PEA ?
Non, pas en direct. Les actions cotées sur des marchés non européens (Amazon, Apple, Nvidia) ne sont pas éligibles au PEA. En revanche, vous pouvez vous exposer aux marchés américains via des ETF synthétiques éligibles PEA, comme les trackers S&P 500 ou MSCI World à réplication synthétique disponibles chez Fortuneo, Boursorama et Trade Republic.
Combien faut-il pour ouvrir un PEA ?
Chez les courtiers en ligne modernes (Trade Republic, Fortuneo, Boursorama), il n’y a pas de versement minimum obligatoire à l’ouverture. Vous pouvez démarrer avec 1 euro. L’essentiel est d’ouvrir l’enveloppe le plus tôt possible pour faire courir l’horloge des cinq ans fiscaux.
Quelle différence entre PEA et assurance-vie ?
Les deux enveloppes sont complémentaires. Le PEA est exclusivement investi en actions/ETF, avec une fiscalité optimale après 5 ans. L’assurance-vie est plus flexible (fonds en euros à capital garanti, unités de compte variées), avec une fiscalité avantageuse après 8 ans et des avantages successoraux. Un portefeuille long terme bien construit combine avantageusement les deux.
Conclusion : ouvrir son PEA dès aujourd’hui
En 2026, le choix du courtier PEA se résume à quelques arbitrages simples. Pour l’investisseur passif qui mise sur les ETF monde avec des versements réguliers, Trade Republic et Fortuneo dominent le marché par leur combinaison de frais bas, de catalogue étendu et de facilité d’utilisation. Pour l’investisseur plus actif ou celui qui veut centraliser l’ensemble de ses finances, Boursorama Bourso Pro reste une référence. BforBank est une alternative solide pour ceux qui préfèrent rester dans l’univers des banques traditionnelles en ligne.
Ce qu’il ne faut en aucun cas faire : attendre. Chaque mois sans PEA est un mois de moins dans le décompte des cinq ans, et une opportunité de capitalisation perdue. Ouvrir un PEA prend dix minutes et n’engage à rien — vous pouvez le laisser vide le temps de définir votre stratégie d’investissement.
Avertissement : Cet article est rédigé à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens des articles L. 321-1 et suivants du Code monétaire et financier. Investir en Bourse comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les frais mentionnés sont indicatifs et peuvent avoir évolué depuis la date de publication. Consultez les grilles tarifaires officielles de chaque courtier avant toute décision. Pour un conseil adapté à votre situation personnelle, rapprochez-vous d’un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) agréé AMF.
Édouard Marchand écrit sur l’épargne, les placements et la fiscalité du patrimoine en France. Passionné de finances personnelles depuis plus de dix ans, il décortique les produits d’épargne (Livret A, LEP, LDDS, PEL, assurance-vie, PER), les obligations souveraines (OAT, OATi) et la fiscalité des placements pour les rendre accessibles aux épargnants. Sa ligne : des analyses factuelles, chiffrées et systématiquement adossées aux sources officielles (AMF, Banque de France, Agence France Trésor, service-public.fr, impots.gouv.fr). Aucun contenu n’est un conseil en investissement personnalisé ; chaque article renvoie aux sources publiques permettant au lecteur de vérifier et de décider.